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Actualités Le livre du mois

Le livre du mois

Roman polyphonique qui suit le destin de trois femmes camerounaises : Ramla, Hindou et Safira, toutes victimes de mariages forcés et de violences patriarcales.
À travers la voix de ces femmes, l’autrice dénonce les traditions oppressives du peuple peul qui enferment les femmes dans le silence et la souffrance. Le roman est déchirant et peu d’espoir semble a priori possible pour ces femmes.
Et c’est en écoutant Djaili Amadou Amal raconter sa vie et expliquer son roman que j’ai compris qu’elle était pleine d’espoir. Son combat est l’éducation des filles et la lecture qui l’a
elle-même sauvée de ces traditions mortifères.
Musulmane, elle a découvert la vérité du monde dans la bibliothèque du curé de son village qu’elle visitait en cachette ! Elle explique le pouvoir de l’écriture et de la lecture comme une force libératrice, comprendre que quelque chose d’autre existe et qu’il est possible d’en parler, comprendre le monde et mieux l’appréhender.

Tout ceci va évidemment à l’encontre du Munyal (patience et résignation) : thème récurrent dans le roman et dans la vie de ces femmes : Se taire et attendre. On comprend vite que l’enfermement et l’ignorance sont les clés du pouvoir des hommes sur les femmes. Cette lecture nous éclaire sur la manière dont la religion est utilisée par les personnages et le système patriarcal en place. Le roman ne remet pas en cause l’existence de Dieu, mais questionne l’usage social de la religion. Il montre que Dieu n’est pas toujours du côté de ceux qui parlent en son nom. Le roman peut inviter à distinguer la foi sincère de la religion institutionnalisée, parfois pervertie par le pouvoir masculin. Il oppose bien Dieu et la religion. Dieu est présent dans le silence et la douleur des femmes. Elles prient, invoquent parfois Dieu.

Après les impatientes, Djaili Amadou Amal a écrit son troisième roman Le harem du roi, qui pose la question de la puissance des traditions et de l’attrait du pouvoir. Jusqu’où sommes-nous capables de changer un ordre établi finalement assez confortable même avec toutes les bonnes intentions du monde ?

“Les conseils d’usage, qu’un père donne à sa fille au moment du mariage et, par ricochet, à toutes les femmes présentes, on les connaissait déjà par cœur. Ils ne se résumaient qu’à une seule et unique recommandation : soyez soumises ! Accepter tout de nos époux. Il a toujours raison, il a tous les droits et nous, tous les devoirs. Si le mariage est une réussite, le mérite reviendra à notre obéissance, à notre bon caractère, à nos compromis ; si c’est un
échec, ce sera de notre seule faute.”

“Quel ennui ! La vie coule, et tous les jours se ressemblent. Nous n’avons rien à faire sinon faire la cuisine et nous occuper des enfants. La monotonie nous assomme et nous tue du matin jusqu’au soir, et du soir au matin.”

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Paroisse Saint-François de Sales

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