« Prions »
Avez-vous remarqué que la liturgie, à quelques exceptions près qui s’expliquent, est écrite à la première personne du pluriel « nous » ?
Par exemple au début de la célébration, dans les rites d’ouverture, quand l’évêque ou le prêtre dit : « frères et sœurs, préparons-nous à célébrer le mystère de l’Eucharistie, en reconnaissant que nous avons péché » ; ou quand celui qui préside dit « prions le Seigneur », qui revient à plusieurs moments de la célébration.
Le texte de la liturgie est bien écrit en utilisant le pronom « nous ». De toute évidence, celui qui préside ne se dit pas à lui-même « nous ». Alors ce
« nous », qui est-il ? Il s’agit de nous tous réunis. C’est-à-dire de toute l’assemblée réunie dans la foi de l’Église par le Ressuscité, dans l’Esprit, pour louer et prier le Père. Notre assemblée est signe de l’Église qui est à saint François, et dans la communion de toute l’Église, dans le monde entier.
Ce « nous », nous le retrouvons aussi dans la deuxième Prière eucharistique, quand l’évêque ou le prêtre qui préside dit, par exemple : « en faisant ainsi mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils, nous t’offrons, Seigneur, le Pain de la vie et la Coupe du salut, et nous te rendons grâce, car tu nous as estimés dignes de nous tenir devant toi pour te servir ».
Ce nous, ce n’est pas celui de l’évêque ou du prêtre, mais celui de toute l’assemblée, présidée. L’évêque ou le prêtre préside l’assemblée afin que tous puissent célébrer. Le théologien Yves Congar écrit que c’est l’Église qui est le sujet intégral de la liturgie. Église dont nous sommes membres, chacun dans la croissance de la foi qui est la sienne, mais bien unis par un même baptême.
Père Jean Bosco